Témoignage d’un photographe

Comme les photojournalistes, les photographes professionnels de rue doivent faire face à la loi lors de la publication des images. En effet, leur but est de faire connaître leur travail et de s’exprimer via des photos. Donc, ils participent aux expositions de photographie, vendent leur travail aux agences publicitaires ou téléchargent leurs images sur internet.

Par conséquent, il est indispensable de prendre une bonne quantité des photographies pour avoir assez de matériel et trier les meilleurs travaux. Plusieurs personnes seront photographiées lors d’une session et chacune aura une réaction différente.  Chaque image raconte une histoire elle-même. Il est important de connaître les histoires d’un photographe de rue expérimenté afin de comprendre mieux ce domaine.

Samuel Nguyen a 23 ans. Il est ce que l’on appellerait un photographe de rue semi-professionnel. Bien qu’il ne fasse pas de la photographie comme activité principale, il est assez expérimenté et participe à cet univers depuis plus de 5 ans. Il ne cherche pas à avoir un profit économique pour son travail. Il fait de la photographie de rue pour l’amour de l’art.

Lors de notre entretien, il dit qu’il préfère surtout voler des photos. La spontanéité et originalité de chaque personne est ce qui lui a fait aimer cette discipline. Il cherche à immortaliser les individus libres et naturels dans leur environnement, à représenter les personnes dans leur contexte. C’est sa principale motivation.

D’après lui, les photographies de studio sont plus statiques. Bien qu’elles soient plus artistiques et planifiées, elles sont moins vivantes et plus rigides. En effet, les gestes, l’expression corporelle et la forme du visage doivent être forcés afin de transmettre une sensation prévue ou d’être en accord avec le thème de la session photographique.

De plus, chaque personne a peur de poser et de commettre des erreurs. C’est pourquoi lorsqu’on leur demande de les prendre en photo, elles ne se sentent pas à l’aise et se doutent d’être un bon sujet. Les résultats dans ces cas sont toujours insatisfaisants. Par conséquent, Samuel prend d’abord  les photos et demande ensuite à la personne s’il peut garder l’image. Dans la plupart des cas il a des réponses positives. Ses sujets sont souvent si agréablement étonnés par les photos qu’ils lui demandent de leur en envoyer une copie.

Ainsi, il ne se demande pas si le vol de photos est éthique ou pas. Finalement, les personnes aiment bien s’exposer et être capturées dans une image d’après lui. Par exemple, les jeunes sont ravis d’être pris en photo lors de soirées ou des fêtes. Ils peuvent ainsi alimenter leurs réseaux sociaux. Et même si cette situation et différente à celle du vol des photos, la prédisposition de notre génération à vouloir être immortalisée dans une image est la même.